Que gagne-t-on vraiment en matières premières en achetant un électroménager reconditionné ?

28/01/2026

Pourquoi s’intéresser aux matières premières dans l’électroménager ?

Lorsque l’on parle d’impact écologique de nos appareils électroménagers, la première image qui vient à l’esprit concerne souvent la consommation électrique. Pourtant, chaque frigo, lave-linge ou four cache aussi une histoire, moins visible mais tout aussi déterminante : celle des matières premières extraites, transformées et transportées avant même la première mise en marche.

  • Production de matières premières : extraction de minerais, raffinage, fabrication de composants : des étapes très énergivores.
  • Empreinte carbone cachée : 30 à 60 % de l’empreinte carbone totale d’un appareil est liée à sa fabrication — et donc, à l’utilisation de ces matériaux (ADEME, 2022).
  • Rareté et tension sur certains métaux : cuivre, aluminium, nickel, plastiques techniques… Certains matériaux deviennent précieux, d’où l’enjeu de leur préservation.

Choisir un appareil reconditionné, c’est donc d’abord éviter d’en fabriquer un neuf. Mais concrètement, quelles matières économisez-vous à chaque achat ? Quels bénéfices pour la planète, et dans quelle proportion ?

Quels matériaux retrouve-t-on dans nos appareils ? Un rapide état des lieux

Avant d’aborder les économies réalisées, il est crucial de comprendre ce qui compose votre électroménager. Prenons l’exemple d’un réfrigérateur, objet central et le plus consommateur, au cœur des analyses du blog :

  • Fer et acier : structure, carrosserie, contrepoids (30 à 60 % du poids total)
  • Plastique (ABS, polystyrène, polypropylène, polyéthylène) : parois, bacs, clayettes (15 à 25 %)
  • Mousse polyuréthane (isolation) : 8 à 12 %
  • Câblage électrique et circuits imprimés : cuivre, or, étain, silicium, palladium (moins de 5 % mais fort impact à l’extraction)
  • Aluminium : évaporateur, refroidisseur (2 à 5 %)

Un lave-linge, quant à lui, est composé essentiellement de fer/acier, béton (contrepoids), plastique et un peu de métaux précieux dans l'électronique. À titre d’exemple, fabriquer un lave-linge standard de 65 kg demande en moyenne :

  • 30 kg d’acier
  • 15 kg de béton
  • 10 kg de plastiques divers
  • 0,5 kg de cuivre
  • Une quarantaine de grammes de métaux rares et précieux

Enfin, un congélateur reprend des proportions voisines.

La fabrication d’un appareil neuf : un coût matière et énergie élevé

Chaque kilo de matière première utilisé pour produire un appareil neuf génère une empreinte environnementale significative.

  • Acier: nécessite extraction du minerai de fer (très énergivore), transport, transformation.
  • Plastique: pétrole transformé, émission de gaz à effet de serre, pollution de l’air et de l’eau.
  • Cuivre: fortes émissions lors de l’extraction, pollution liée aux mines.

Par exemple, pour un réfrigérateur combiné de 60 kg, la production des matériaux représente :

  • Environ 350 à 450 kg de CO₂ émis rien que pour la fabrication (Ademe, 2022).
  • Jusqu’à 70 000 litres d’eau consommés via l’ensemble du cycle d’extraction/production (source : Water Footprint Network).

Sans compter le transport mondial des matières, souvent extrait sur un continent, transformé sur un autre, puis assemblé ailleurs. Résultat : La fabrication d’un seul appareil électroménager neuf demande entre 20 et 40 fois son propre poids en ressources naturelles extraites. (FNH, 2021)

Le reconditionné : comment “économiser” de la matière première ?

En choisissant du reconditionné, vous donnez une seconde existence à un appareil, évitant ainsi la consommation massive de matières nécessaires à la production d’un nouveau. Voici comment se répartit ce “gain” :

  1. Économie directe : toutes les matières qui auraient été nécessaires à fabriquer l’appareil neuf n’ont pas à être extraites (sauf pour quelques pièces de rechange indispensables).
  2. Économie indirecte : réduction des déchets à traiter puisqu’un appareil est reremployé, pas envoyé au recyclage (processus énergivore, pertes de matière).

Concrètement, sur un appareil complet, l’économie en matières premières se situe entre 70 % et 99 %, selon la proportion de pièces d’origine conservées lors du reconditionnement (Ademe, 2022).

  • Une carcasse de frigo = non refabriquée (économie totale sur l’acier, l’aluminium, le plastique moulé, la mousse isolante).
  • Les circuits imprimés = conservés sauf défaut structurel (limite l’extraction des métaux précieux, pourtant très impactants).
  • Quelques remplacements ciblés (joint, carte électronique, thermostat), soit de l’ordre de 1 à 3 kg de matières neuves ajoutées — contre 60 kg pour un appareil complet.

Pour les pièces remplacées, certains reconditionneurs privilégient des pièces issues elles-mêmes du réemploi, maximisant le bénéfice environnemental.

Des chiffres parlants : l’exemple du réfrigérateur reconditionné

Prenons un cas concret, central sur ce blog :

  • Un frigo reconditionné de 60 kg utilisé en remplacement d’un frigo neuf, c’est :
    • 57 à 59 kg de matières premières “économisées” (entre 95 et 99 % de la masse totale !)
    • Jusqu’à 800 kg de ressources naturelles épargnées, si l'on prend en compte l'empreinte globale de leur extraction
  • En évitant la fabrication de l'appareil neuf : 350 à 450 kg d’équivalent CO₂ de sursis (ADEME, 2022).
  • Le gain est moins flagrant si de nombreuses pièces sont changées avec des neuves, mais reste largement positif dès lors que l’appareil n’est pas entièrement reconstruit.

À titre d’analogie : opter pour un frigo reconditionné au lieu d’un neuf, c’est comme éviter d’extraire tout ce qui compose la carrosserie d’une petite voiture — chaque fois que ce geste est reproduit à grande échelle, l’impact collectif devient massif.

Quels matériaux sont les plus précieux à économiser ?

Tous les matériaux n’ont pas la même “valeur écologique”. Certains sont abondants, d’autres en tension, d’autres désastreux pour la biodiversité lors de leur extraction.

  • Cuivre : essentiel dans les moteurs, compresseurs et câbles. 10 % des émissions de CO₂ du secteur minier proviennent de l’extraction de cuivre. Extraction très destructrice, notamment en Amérique Latine.
  • Aluminium : nécessite une immense quantité d’électricité lors du raffinage. 1,5 kg d’aluminium neuf = 17 kg d’équivalent CO₂ (source : European Aluminium Association).
  • Plastiques techniques : chaque kilogramme nécessite en moyenne 2 kg de pétrole, eau, et générera des microplastiques potentiellement non recyclés.
  • Métaux rares ou précieux (or, palladium, tantale…) dans les cartes électroniques. Leur extraction détruit plusieurs tonnes de terre pour quelques grammes.

Préserver ces matériaux grâce au réemploi ou au reconditionnement, c’est donc limiter :

  • la pression sur les écosystèmes anciens
  • la consommation d’énergie fossile
  • la production de toxiques (métaux lourds, acides liés à la chimie minière)

Le rôle du reconditionneur : garantir un impact réellement positif

Tout le bénéfice du reconditionné repose sur la qualité du processus : plus l’appareil garde ses pièces d’origine, plus l’économie de matière est grande. Ce point fait toute la différence entre professionnels du secteur.

  • Diagnostic précis : identifier les vraies pannes et limiter les remplacements au strict nécessaire.
  • Approvisionnement local des pièces : préférer le réemploi ou le reconditionnement de pièces plutôt que l’achat systématique de neuf.
  • Traçabilité : communiquer sur le taux de composants conservés — un gage de sérieux et de transparence.

Sur ce point, des acteurs comme Underdog se distinguent nettement. Leur démarche ?

  • Reconditionnement 100 % en interne — maîtrise du diagnostic, de la réparation, des tests, donc réduction des remplacements inutiles.
  • Garantie sur les produits et transparence : le consommateur reçoit des informations sur ce qui a été conservé ou remplacé.
  • Objectif de durabilité : pas seulement réparer pour que “ça marche”, mais pour que ça dure. Cela évite l’obsolescence programmée… et donc le gaspillage de matière future.

Cette approche maximise le bénéfice écologique : plus de matériaux d’origine conservés, moins de matières neuves injectées dans le cycle… et au final, un appareil fiable ET responsable.

Matières premières économisées : à l’échelle d’un foyer, de quoi parle-t-on ?

Si vous équipez progressivement votre foyer en reconditionné (frigo, lave-linge, congélateur), vous pouvez économiser en moyenne :

  • Entre 120 et 180 kg de matières premières sur trois appareils
  • Plus d’une tonne de ressources non extraites si l’on intègre les pertes du recyclage et l’eau consommée en usine

Cet “effet plafond” augmente si chacun conserve ses équipements plus longtemps grâce à l’entretien et à la réparabilité, mais il commence surtout dès le passage au reconditionné.

La face cachée : attention aux limites

Le reconditionné reste vertueux… sous certaines conditions :

  1. Appareil reconditionné localement, avec remplacement raisonné des pièces.
  2. Transparence sur la part réelle d’origine versus pièces neuves.
  3. Pas d’achat superflu, ni de “doublon” par effet d’aubaine (ex : acheter un reconditionné alors que l’ancien fonctionne encore parfaitement).

L’économie la plus écologique reste de “ne pas produire du tout”, c’est-à-dire prolonger l’usage de l’existant, puis choisir du reconditionné seulement en remplacement.

Résumé et perspectives : choisir le reconditionné pour économiser la planète… mais en conscience

Chaque appareil reconditionné acheté, c’est l’équivalent d’une “mine” qui n’est pas creusée, de pétrole qui n’est pas foré, de gaz à effet de serre économisés et de rivières non polluées.

  • Pour profiter pleinement de ce bénéfice, privilégiez des acteurs transparents, engagés, pratiquant un reconditionnement sérieux et durable, comme Underdog.
  • Raisonner en “durée d’usage” : un appareil qui dure deux, trois ou quatre fois plus longtemps multiplie l’économie écologique initiale.

Engager votre foyer dans la voie du reconditionné, c’est concrétiser la transition écologique au quotidien — sans concession sur le confort, mais avec exigence sur la performance environnementale réelle des choix faits.

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